Jusqu'en 1822, Bordeaux ne possède pas de pont. Le seul lien entre les deux rives est le passage en barques établi entre l'Etey de Trajeyt, à la Bastide, et le port Sainte Croix.
La décision de construire un pont est prise par l'empereur Napoléon
1er : lors de la guerre d'Espagne, ses troupes se dirigeant vers la
péninsule ibérique ont du franchir la Garonne au moyen d'embarcations.
L'empereur, par décret daté du 12 août 1807, prescrit
des études en vue de l'établissement d'un pont. L'ingénieur
des Ponts et Chaussées Claude Deschamps est nommé responsable
des travaux.
Le 6 décembre 1812 est posée la première pierre mais
la chute de l'Empire compromet la poursuite des travaux.
Après 1815, des riches commerçants bordelais ont l'idée
de créer une association avec l'Etat sous forme de société
anonyme, la Compagnie de Bordeaux.
Le 25 avril 1821, la dernière pierre du pont est posée par
le préfet de la Gironde, Philippe-Camille-Marie de Tournon, et le
pont de pierre est inauguré le 1er mai 1822.
![]() Vue de Bordeaux prise de Floirac Jean Paul Alaux (1832) © Musée des Beaux Arts |
Formé de 17 arches en maçonnerie de taille et de brique reposant sur 16 piles et 2 culées, d'une longueur totale de 486,68 mètres, le pont de pierre dépasse en longueur le pont de Waterloo sur la Tamise, celui de Dresde sur l'Elbe et celui de Tours sur la Loire. Sa largeur est de plus du double de celle du pont de La Guillotière à Lyon.